Les Syndicats, prêts à relever les défis de l’Economie Informelle

L’atelier « Renforcement des capacités des points focaux- Formalisation de l’économie informelle : quels enjeux pour les syndicats ? » organisé par l’UNTM en partenariat avec la Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) s’est tenu à Ségou du 4 au 5 août 2015. Réunissant les responsables syndicaux des différentes régions du Mali, cet atelier a permis un riche échange sur les défis que représente la formalisation de l’économie informelle, une évaluation de ce que les syndicats ont déjà entrepris dans ce domaine et sur ce qu’il reste à faire.

 Les Syndicats, prêts à relever les défis de l’Economie Informelle

L’atelier « Renforcement des capacités des points focaux- Formalisation de l’économie informelle : quels enjeux pour les syndicats ? » organisé par l’UNTM en partenariat avec la Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) s’est tenu à Ségou du 4 au 5 août 2015. Réunissant les responsables syndicaux des différentes régions du Mali, cet atelier a permis un riche échange sur les défis que représente la formalisation de l’économie informelle, une évaluation de ce que les syndicats ont déjà entrepris dans ce domaine et sur ce qu’il reste à faire.

Le but du séminaire était d’élaborer les étapes concrètes, à court et moyen terme, d’un plan d’action plus vaste, qui accompagnerait la transformation de l’économie informelle. Ce dernier est en effet le principal moteur de la construction et de l’animation urbaine dans toute sa diversité. Il bâtit les maisons, fabrique les meubles, crée et transforme les produits agricoles, répare les automobiles, anime les marchés, organise l’épargne, distrait (restaurants, buvettes….) 1

Si les grands défis posés par cette hétérogénéité sont clairement abordés lors des discussions, c’est sur la manière d’y répondre et d’agir qu’ont longuement buté les responsables syndicaux. Au-delà des grandes convictions sur lesquelles tous les participants s’accordent (sensibilisation de la population, recrutement, organisation des travailleurs), l’élaboration d’étapes franchement concrètes s’est révélée laborieuse. Les idées sont pourtant là, comme en attestent les témoignages des différentes régions : à Kidal les syndicats se sont employés à sensibiliser les vendeurs d’eau et de condiments, à Kayes les chauffeurs de taxi et de pousse-pousse ont été recensés, les bouchers ont été organisés en associations à Tombouctou… de petits succès, qui pourraient beaucoup faire avancer les choses si ces actions étaient coordonnées.

Un des problèmes fondamentaux est le manque d’inclusion de travailleurs de l’économie informelle dans le travail syndical. Des stratégies et des plans d’action sont élaborés pour venir en aide aux acteurs de ces secteurs, sans cependant avoir une connaissance fiable de la réalité politique et du terrain. Du coup, l’on pourrait s’interroger sur la réelle valeur ajoutée pour le travailleur informel à se syndiquer. La réponse est aussi complexe que les secteurs sont variés -surtout que le niveau d’organisation interne des travailleurs de l’économie informelle est également très variable : si les chauffeurs de taxis sont organisés en syndicat, les apprentis de sotrama ou les vendeurs de fruits et légumes ne dépendent souvent que d’eux-mêmes.

Par conséquent, la formalisation de l’économie informelle doit, selon les syndicats, se faire à travers le renforcement des droits humains et syndicaux des travailleurs de l’économie informelle, dont une majorité est actuellement dépourvue de toute protection sociale ou juridique et livrée aux aléas imprévisibles de l’économie et des employeurs.

Aussi, un effort doit-il être fait pour inclure d’avantage les acteurs de l’économie informelle dans le travail syndical. Il s’agira d’identifier les leaders de certaines organisations déjà formées et de les faire participer à l’élaboration des stratégies. La priorité étant, justement, d’apprendre à connaître les logiques et les manières de fonctionner de l’économie informelle afin de pouvoir cibler les actions et de contribuer à une protection sociale et juridique décente et efficace.

La spécificité du secteur exige une meilleure organisation interne des organisations syndicales des travailleurs basée sur une communication renforcée entre la base et le sommet de manière à délimiter très clairement les responsabilités.